mercredi 22 septembre 2010

L'ange blond...

(écrit le 15 septembre 2010)

C'est officiel, j'ai un cou de vieux. Raison pour laquelle le docteur Tours m'envoie consulter son collègue Ange Blond. Si encore je faisais des jeux de mots et inventais des noms. Mais non, c'est ainsi, on me voit trois cheveux blancs et mon cou est « fatal » (encore une expression du pays). Cet Ange-là doit me faire un programme de rééducation de retour de France, la semaine prochaine (mon post est "posté" une semaine après - donc je devrais y être mais le sort en a voulu autrement, voir la suite, enfin plus récemment - c'est con les blogs, ça marche à l'envers). Il n'y a qu'en Espagne que les médecins s'affublent de noms d'enfants sages.

A ce propos, j'en ai deux à la maison (pas toujours si sages d'ailleurs) qui m'appelaient pour me souhaiter bon voyage il y a longtemps, très longtemps, une heure avant mon départ - il est minuit et demi, je devais partir à 19h pour un vol d'une heure trente. Je n'ai eu que deux heures de retard à cause des grèves des contrôleurs (français), faut pas se plaindre. Cette fois-ci, c'est promis, je vais me renseigner sur la raison de ces grèves de la rentrée (voir post de ce mois « Tu peux le croire ? »). En attendant, je croise les doigts pour mes réunions. J'ai dit à tout le monde de venir ici, au deuxième étage et on est au troisième. Ça commence bien. Bon c'est demain (enfin aujourd'hui), le temps d'envoyer un SMS (un Sort de Merveilleuse Sorcière - une transposition de Bolide et moi en hommage à un de « Mes premiers j'aime lire » qu'on écoutait en boucle dans la voiture il y a encore un an ou deux - « La soupe de père Noël » pour tout dire) depuis mon portable français qui n'a plus de crédit. Suffit de recharger. J'ai pensé à prendre ma CB avec puce française ! C'est pas beau ça ! Vive les anges !

lundi 13 septembre 2010

Suspens...

Oulala, ça se précipite ! Par où commencer ?

Il y a bien sûr la conduite automobile qui m'impressionne. La vitesse est limitée à 40 (au centre bien sûr) mais tout impose de dépasser le 60, les autres voitures, les feux et l'enchaînement des voies. A 40, on risque de se faire emboutir, on est certain de prendre tous les feux au rouge et on a toutes les chances de louper les embranchements (ponts, tunnels, déviations, etc.). C'est un peu comme tenter de traverser la Concorde à moins de 70 mais ici c'est plus long... Contente d'avoir passé mon permis à Paris. De même pour se garer. Quoique à V., c'est bien pire. En fait, c'est très amusant - bon, quand ma voiture n'est pas concernée. Je vois encore d'Adèle (voir « Ceci permet d'éviter cela... »), pestant, râlant en essayant de se garder entre deux voitures ayant mis leur frein à main. Du jamais vu pour moi auparavant. Ici, on pousse, devant, derrière, et tout le monde trouve ça normal. Pas un centimètre de perdu. Le gag, c'est ma voisine. Depuis qu'elle est garée près de chez elle, de cela à peu près six mois, elle ne bouge plus sa voiture ! Pas une blague. Moi, ma Toyot toute neuve, toute jaune, pas question de la cabosser. Hélas, pur fantasme, elle a déjà des rayures alors qu'elle dort au chaud.

En parlant de chaleur, la température baisse, ce n'est pas désagréable. La mer, elle, continue à étonner Mon Minou et Boulette-Bolide (oui, c'est un bolide, ça lui va comme un gant et surtout il est ravi que je l'appelle comme ça). Quand on va à la plage du sud, en deux minutes tout le monde est dans les vagues. A G., on ne partait jamais sans le ballon pour réussir à se mouiller. Quand je propose d'aller à la plage de la ville, zouzous demandent, innocents : « Elle est aussi chaude que celle de papa ? » (C'est Ernest qui aime aller au sud et moi en ville).


Mais le plus important est ce qui nous attend d'ici la fin du mois. Dans peu de temps.

Surtout pour Bolide. Je suis sûre que mes maux de dos et de tête venaient non seulement de l'arthrose (autre suspens, les résultats des examens IRM et électomachinchouette la semaine prochaine), du déménagement et de la fatigue mais aussi d'un poids que je porte depuis quelques années concernant la scolarité de Bolide. C'est un rapide à la course à pied mais aussi en apprentissage. Mon minou se défend très très très bien mais Bolide, c'est un cas, personne ne sait comment il sait ce qu'il sait. Il avale tout ce qui passe. Depuis qu'il est à l'école (en Espagne), j'essaie de le faire « sauter ». Impossible. Il faut que l'orientateur de la région l'évalue et décide. Or l'orientateur à G. ne passe qu'une fois par an à l'école et ne s'occupe que des enfants en difficultés. C'est-à-dire que Bolide passait systématiquement à la trappe. Sa maîtresse, adorable, se débrouillait en lui donnant des exercices en plus. Et puis, il n'a que 8 ans, c'est l'âge de jouer. Oui, c'est aussi le moment d'éviter l'ennui et le décrochage qui l'accompagne. Jusqu'à présent Bolide réclame des devoirs et adore l'école mais hier déjà il se plaignait : « J'aime la récré et la cantine mais pas la classe ». Pourtant la nouvelle maîtresse, Madame, est bien... Je l'ai rencontré jeudi. Dans le système français, « sauter » se fait à la demande de l'enseignant, sous la supervision du psychologue et avec l'accord des parents. Tout est donc possible... Mais je préparais l'entretien avec une certaine angoisse car ma copine Isa la Belle qui connaît bien le problème ne me rassurait pas : « Ah, non, ils aiment pas ça du tout les profs ! ». Bref, je n'étais pas à l'aise. J'arrive. Grosse chaleur. Je suis en avance. J'attends l'heure pour frapper à la porte. Timide. Je m'assois là où Madame m'indique. Je dis que je suis là surtout pour faire connaissance. Madame, en revanche, n'y va pas par quatre chemins :

- Votre fils est brillant...

- Justement, je me disais aussi...

- Il ne faut pas qu'il s'ennuie. Ce n'est pas la peine de multiplier les exercices.

- En effet...

- Je me donne 15 jours et je vous propose de le faire passer en CM1... En plus il s'intègre très bien, etc. etc.

On papote un peu histoire de, je lui donne tous les Youpi (la revue !) que les nounours ne veulent plus après les avoir lu au moins vingt cinq fois chacun et je sens la tension de quatre ans tomber d'un coup ! De retour à ma voiture (bien garée et non bignée, le lycée français n'est pas au centre ville - que je visite l'air de rien petit à petit, si si, je raconterai nos découvertes du marché central à l'occasion), la chaleur ne me fait plus aucun effet, j'ai beaucoup moins mal au dos et je respire enfin pour Bolide.


Autre suspens, beaucoup moins vital mais tout de même, la décoration de la maison, heu de l'appart. Des cortinas (des rideaux - c'est malin, quand je suis dans la boutique, impossible de me souvenir du nom en espagnol et là, je dois réfléchir pour le trouver en français) que doit me faire l'artisan du coin avec mes sabras marocains et quelques bouts de tissus que j'ai glanés de ci, de là. En même temps on devrait recevoir les sofas (sofas... sofas... canapés, voilà, j'ai trouvé. Promis, ce n'est pas du snobisme mais c'est un peu comme parler du « camp » de foot ou utiliser l'expression « aller voir à mamie » ou encore nommer les pays sans mettre d'article devant. On a de plus en plus de mal à éviter les fôtes).

Ah, et le filtre à eau (ici c'est très calcaire et la proprio a installé un matériel infernal pour que l'eau soit meilleure mais je ne comprends rien à tous les boutons qui s'allument, rouges bien sûr), et les fenêtres (ça y est celle des enfants n'a plus de poignée), et la téloche (pas de téloche... Est-ce la prise, notre abonnement, autre chose ? On s'en passe plutôt bien surtout depuis que j'ai branché la radio sur Internet mais j'aime bien comprendre les trucs), et le sent-bon dans les hum-toilettes (V. est un cloaque aux dires d'Adèle, on s'en rend surtout compte aux chi...), et notre vitre-dessus de table cassée par le milieu comme un pare-brise de voiture (voir « Bienvenue à V. » - il paraît que c'est beau mais c'est tout de même dangereux), et la douche qui fuit un jour sur deux (va savoir - on se douche tous les jours... Enfin, y'en a au moins un qui se douche par jour, ce n'est donc pas ça), et les tapis qu'il va falloir changer pour se coordonner avec les... rideaux ! Non, c'est une blague !


Oh flute... On est lundi, la semaine prochaine c'est cette semaine....... Pas encore bien préparé mes réunions parisiennes........ J'ai mes billets c'est déjà ça........ Les zouzous sont en bonne compagnie......... Je vais aussi à LB voir mamie...... Hier on était à la montagne...... Bon sang que les « gens » sont crades (des détritus partout dans ces lieux paradisiaques)......

mercredi 8 septembre 2010

« Tu peux le croire ? »

On est mercredi 8. Nous voici à V. depuis deux semaines que je n'ai pas vu passer.

Hier, grève à l'école. Sans commentaire. M & B y vont quand même car le maître de M. fait classe et B. sera accueilli dans une autre classe, c'est toujours une expérience. Moi ça me laisse le temps de, enfin, faire quelques courses et, pourquoi pas, visiter un peu le centre ville de V. Nous habitons juste à la frontière du quartier le plus chic, d'un très populaire, de l'ultra-moderne et d'un de ceux les plus mal famés (enfin de réputation). Bien quadrillés nous sommes. Pour aller au centre il faut compter environ 10 minutes...

Hier donc, je sors accompagner les enfants à l'autobus. En fait, je cours derrière eux car ils sont déjà à l'arrêt alors que je vide encore ma poubelle de cartons (un par un, bon sang qu'elle est mal fichue la benne municipale des papiers). Je rejoins mes zouzous et leurs potes avec ma jolie poubelle vide d'ikéa grise, je salue les mamans et les papas, papote avec l'un et l'autre et m'en vais guillerette jusqu'au centre de santé dès l'autobus parti. Le centre de santé est pour les médecins espagnols ce que le chenil est aux chiens français. Je ne sais pas si on voit comment ça marche ? Pour se faire soigner, il faut être enregistré au centre de santé auquel on est affecté selon son adresse (il ne suffit pas d'avoir un numéro de sécurité sociale). Là, il y a un tas de médecins qui attend le chaland (c'est généralement plutôt l'inverse qui se passe car les rendez-vous sont pris environ toutes les 7 minutes). Pas n'importe comment : quand on s'inscrit, on vous assigne un médecin. Au hasard ? Je ne sais pas. Bref, m'en vais avec tous mes documents administratifs (on dit la France bureaucratique mais l'Espagne est très généreuse de ce point de vue) au centre de santé de notre quartier. J'ai appelé pour vérifier que c'était bien celui-là, c'est chouette, il est tout près de la maison, j'aurais le temps de faire tout ce que j'ai prévu. Pas de queue. La chance continue à me sourire. La dame de l'accueil est très gentille mais il manque les papiers d'Ernest. Dommage, nous dépendons tous de lui, il faudrait que j'ai au moins son passeport. « Pas grave », je dis, « je repasse, j'habite à côté ». Je repars, sans oublier ma poubelle, pour arriver en même temps que l'électricien (souci dans la maison, heu... l'appartement). Je règle d'autres paperasses pour mes remboursement de soins de la semaine dernière (autre type de système de santé - pas tout à fait privé mais pas publique non plus, on verra plus tard pour les explications) et retourne au centre. La queue cette fois. Longue. Demi-heure. Un monsieur me reçoit. Pas sympa. Il me fait ressortir tous mes documents, m'en demande d'autres, avide, fouille dans les siens et me regarde un peu pervers : « Vous ne dépendez pas de chez nous mais d'un autre centre ». « Quoi ? Mais j'ai appelé pour vérifier ! ». « Ah ben, votre rue c'est bien chez nous mais seulement les numéros pairs. Vous, vous êtes au numéro impair, c'est comme ça, faut aller là ». Et ce « là » là est à pétaouchnoque. Vraiment. Je râle mais ça ne sert qu'à rendre le cerbère encore plus bête. J'en pleure, je mets mes lunettes noires et traîne mon caddie (pour ne rien avoir à porter à cause de ma nuque endommagée - voir post précédent). Evidemment l'autre centre de santé n'est pas du tout du côté du centre ville mais plutôt du quartier mal famé. Bon, un peu de courage, c'est toujours bien de découvrir où on habite, même « à l'envers ». Je passe par les grandes avenues ultra-bruyantes, je ne quitte pas mon plan des yeux pour prendre le chemin le plus court, il fait une chaleur à crever (pas autant que le vendredi de notre arrivée où le thermomètre est monté à 44° mais tout de même). Je longe les murs pour rester à l'ombre, je ne suis pas la seule, la circulation est difficile même entre piétons.

J'arrive enfin à « l'autre » centre de santé. Immense. La queue ? Dans le doute, je préfère commencer par prendre un café, d'autant que j'ai un mal de tête de plus en plus fort. Petit troquet adorable, pinchos apétissants. Je choisis une tortilla aux poireaux avec mon café au lait. Bon d'accord, c'est un peu spécial. Tant pis. Et là, près de « mon » centre de santé, je jouis d'une demi-heure de pur bonheur : je travaille ! C'est vrai, je peux enfin respirer et lire ce bouquin génial que je dois résumer pour la semaine prochaine (tiens, ça m'a réveillé cette nuit) à notre réunion Lilith (voir les posts précédents...).


Retour aux dures réalités du monde moderne - sans oublier mon caddie - et au centre de santé. « Ah non » me dit le monsieur de l'accueil (où je ne fais pas de queue, c'est déjà ça), « ce n'est pas là »... C'est à côté, ouf ! Petit centre, très bien, tout le monde est très gentil sauf que... La machine pour faire les cartes de santé... est en panne ! Tu peux le croire ?

« Pourrais-je au moins faire les papiers et repasser pour chercher la carte plus tard ? » je demande inquiète. Voui voui pas de souci, c'est possible. Reouf ! Il est 11h30 (et j'avais déposé les enfants à l'autobus à 8h15). À 12h15, je suis encore au guichet. Toujours pas de queue mais c'est beaucoup plus compliqué que prévu. Je passe les détails. Il faut redonner les informations entre trois et quatre fois (du coup, je connais le numéro de mobile d'Ernest par coeur - depuis le temps, il était temps). Vais-je pouvoir poser mes fesses et ma tête qui tourne avant l'arrivée de Penelope à 13h à la maison ? Sur le plan, je vois que la bibliothèque à laquelle je « dois » m'inscrire est sur le chemin. Ça ne devrait pas prendre trop de temps. Au passage, je stoppe net devant une boutique qui a trois caisses de vin en bois dans sa vitrine. Sûrement une bonne maison et sûrement une caisse pour moi. C'est pour ma bibliothèque à moi, la taille exacte des livres. Je rentre et respire un autre petit bonheur. Autre luxe : il y a des gavottes et de la vieille mimolette ! Incroyable en Espagne ! J'achète aussi du café qui me manquait et j'ose quémander une caisse de vin (vide bien sûr). Quel gentil garçon ! Pas comme à G. où pas un vendeur de pinard ne m'avait refilé une de ses caisses.

Tout ça fait que l'heure avance et il me reste à peine un quart d'heure pour la bibliothèque. Une très vieille dame, très méchante, refuse mon papier d'inscription. Elle me tend deux feuilles (les mêmes que la mienne, mystère) que je dois remplir pour une prochaine fois accompagnées de deux photos d'identité (pas la même taille qu'en France).

Je cours, Penelope arrive en même temps que moi. On range, nettoie (surtout elle) et je fais mille conneries en retard (dont les publi de congrès) et quelques changements d'adresses administratifs. 16H30. Je m'allonge, pensant avoir bien mérité mon repos. Je n'ai pas posé la tête sur l'oreiller (interdit par le traumatologue qui me dit de dormir sans mais là, c'est juste pour cinq minutes, je peux, non ?) que le marteau piqueur des voisins s'active. Oui, ça aussi c'est cool, on refait la (les) salle(s) de bain juste derrière ma tête !

17h30. Bus. Je suis prête avec un panier d'affaires de plage et un goûter. Boulette se précipite, Mon minou plus doucement. Refus de plage. Non................... Je suis trop bonne, j'accepte de faire autre chose. La piscine. C'est idiot quand on habite à côté de la mer mais je craque. Plus la force de discuter. On repart, dans la direction inverse du centre ville que j'aimerais tant visiter un jour, pour chercher cette piscine qui est censée être près de la maison, heu de l'appart. Je ressors le plan de mon sac, scotché dans tous les sens car je le plis au rythme de nos pérégrinations. On trouve, assez loin finalement. Pas de bol, les enfants ne peuvent pas nager librement mais seulement prendre des cours et de toutes façons il n'y pas plus de place. Retour à la casba-maison-appart-niche-home. Heureusement le supermercado est en bas (c'est impossible de l'avoir plus près), on remplit le caddie (je savais qu'il me servirait - c'est pas vrai, j'y ai déjà mis une caisse de vin ce matin et de la mimolette) et je fais à manger pendant les devoirs de classe. Boulette adore sa maîtresse d'anglais qui explique comment il ne faut pas prononcer « Harry Potter » en imitant les espagnols et les français. Mon minou tente de m'expliquer le jeu du golf où il a été le meilleur (atteindre par exemple 92 qu'avec des 5 et des 3) mais je n'y comprends rien (v'là qu'il me met des 29 dans l'histoire).

Fin de la journée.

Levée 5h30 le lendemain. Impossible de dormir sur le côté sans avoir envie de vomir et mal sur le dos sans oreiller. Mais pourquoi moi ? Sinon, ça va. Non, vraiment ! J'aime notre... appart, la terrasse, les bruits de la ville, la possibilité d'aller au centre (ville), la proximité des commerces (quand même dans le quartier, y'a tout), la possibilité d'aller à la plage (pourvu que je trouve un bon argument pour ce soir) et les hommes sont plutôt contents de leur sort. Moi, ne me demandez pas ce que je fais.

Soir. Loupé. Les zouzous ne veulent toujours pas aller à la plage. J'ai toujours autant la gerbe et on se colle un disque de prononciation d'anglais pour nains. Ce qui me fait penser que c'est ma future activité. Me remettre à l'anglais.

Bienvenue à V.

Vendredi 3 septembre 2010, lendemain de la rentrée des classes pour Mon Minou et Boulette (qui aimerait que je l'appelle autrement - c'est vrai qu'il s'est affiné depuis sa naissance). Nous ne sommes toujours pas en France, mais ici il y a un lycée français, pas comme à G. où la rentrée se faisait mi-septembre. Bembalamer continue ses aventures (Belle actrice, Ernest, Mon minou et Boulette encore à la mer). Seule la mer a changé. La maison aussi. L'environnement également. Pas mal de choses finalement.

J'écoute la radio locale plutôt nulle, genre disco moderne et commentaires à la noix, il fait chaud, il y a de l'air qui rafraîchit la maison (mais pourquoi dis-je la maison alors qu'on est en appartement ?), le salon est sombre car j'ai fermé les volets (le soleil tape trop fort de ce côté), moi j'ai installé le bureau côté terrasse aux mosaïques bleues, plantes et ombre. Bureau ? C'est aussi un champ de foot (pardon, un terrain... Les espagnophones comprendront, nos erreurs de langage se multiplient), un élevage d'ordinateurs, un atelier de « foro » de libros (recouvrir les livres, le cauchemar des mamans à la rentrée) et, pour le moment, une pièce à peu près aménagée.

Entre deux mots que je tente d'écrire (mes phrases sont-elles cohérentes ?), Ernest m'appelle pour tenir l'éponge sous la perceuse (une façon efficace de faire des trous propres dans le mur pour accrocher les tableaux), Penelope (ouf, quelqu'un pour aider au ménage et rester avec les enfants quand je pars en France) réclame du boulot et des instruments, les enfants me font sursauter en hurlant « goal », le téléphone me soûle avec ses questions (notre vitre de table est cassée - merci les déménageurs - et les devis pleuvent, c'est bien, c'est prenant, c'est ch...), la porte sonne car je n'arrive plus à ouvrir correctement la fenêtre du salon (en fait, toutes les fenêtres ont un problème, on en fera le tour) et le réparateur arrive. Je commence à connaître le quartier. En moins d'une semaine à V., alors que j'ai passé la plupart du temps enfermée à ouvrir des cartons, je peux citer plus de bars et d'artisans que Lola qui habite ici depuis deux ans. Du moins c'est ce qu'elle dit. Lola a aussi son fils au lycée français, je les ai connu ce matin. Ils ont habité cinq ans à LB, à la mer aussi, à côté chez ma maman. Il est tout petit le monde.

Pour en revenir aux cartons, les mauvaises surprises se sont un peu trop accumulées. Outre la vitre cassée (grande, lourde et peu fragile - mais que s'est-il passé ?), on a retrouvé des livres endommagés, des boites cassées, un fauteuil abîmé, la table en cuir rayée, etc.

Mais le pompon ce fut hier. La rentrée. 7h. Je me lève. Ma tête tourne, mon corps ne réponds pas. Quelques secondes et la terre revient à peu près à sa place. Enfants levés déjà. Ce n'était pas gagné après la semaine de fous que nous avons passée (déménagement, cité des sciences - on devine... -, restaus, ballades, couchers tard). 8H05, on va au coin de la rue pour attendre l'autobus. Marie et Antoine sont aussi au poste. La maman et son fils de l'âge de Boulette.

...

Bon, je reprends... Le temps file... On est samedi, de retour de la plage, on passe à table entièrement préparée par Ernest (au poil) et je viens de traiter encore quelques cas de publications en retard pour notre congrès (on verra le cas congrès plus tard, merci, oui je bosse, à l'oeil toujours...). J'ai enfin réussi à brancher les hauts-parleurs sur l'ordi des jeux des enfants avec les photos qui défilent pendant que j'écoute FIP, c'est cool (suis-je claire ?) !

Alors quoi ? Jeudi. Je prends un café avec Marie une fois les enfants dans l'autobus. On papote de nos vies respectives, je rentre à la maison pour faire ma gym, allongée donc. Je me lève pour baisser un peu les persiennes, cause voisins, je cherche la tranquillité quand je m'étire. Enfin, je tente de me lever. La terre tourne trop vite à nouveau, ma tête valse, j'ai une envie de gerber épouvantable, je ne vois plus rien, c'est tout flou. Au bout d'un moment infini, j'arrive à avancer à quatre pattes jusqu'aux toilettes ocazou pour éviter des dégâts sur mon beau tapis tout propre. Je me traîne. Non, décidément ça ne va pas. Je m'allonge pour ne pas tomber dans les pommes, pas la peine de compliquer le problème. La porte sonne. C'est Penelope. A quatre pattes, à deux à l'heure, j'arrive à ouvrir. Je m'écroule dans le fauteuil de l'entrée. Je revis petit à petit en parlant avec Penelope. Combien de temps tout ça ? Une bonne heure, je crois. Je peux enfin me lever, je pars aux urgences. L'attente commence, ma tête tourne encore mais ça va. Le docteur est rassurant, un tel malaise est bénin. Mais comme je me plains d'un mal de nuque ou de cervicale, il m'envoie faire une radio. De nouveau attente. J'ai la dalle, peur d'avoir un malaise d'un autre type. Le temps de manger un tostado de tomate, de faire trois fois le tour du quartier de l'hosto, de patienter encore une heure et je revois le docteur puis le spécialiste. Verdict : ma colonne vertébrale est fatale (encore un espagnolisme), à l'envers (enfin faisant une courbure inverse) de la normale avec des petits os qui traînent là où ils ne devraient pas. Bref, de l'arthrose avancée. De famille. On lance les examens pour voir si aucun membres ne peut être gênés par un nerf coincé par un os en vadrouille. Voilà une bonne façon d'entrer en connaissance avec sa nouvelle ville, non ?

Jeudi soir, Mon minou et Boulette rentrent heureux du lycée français, ça c'est chouette ! On part aux courses aux fournitures (dont de quoi recouvrir les livres, le cauchemar des mamans donc)...

...

Lundi soir, le 6. Boulette a encore adoré sa journée et Mon minou réclame de nouvelles fournitures (« Non !!! »). Antoine est venu goûter à la maison avec sa maman. Ils ont joué au foot dans la courette intérieure de notre appart. Ça change des bruits des travaux auxquels j'ai eu droit toute la journée. Enfin quand j'étais là. Car j'ai aussi été découvrir les joies de l'IRM pour en savoir plus sur l'état de ma nuque. Vingt minutes dans un tube à peine gros pour t'enfourner. Du boucan plein les oreilles. Surtout fermer les yeux et penser au prochain rendez-vous avec le maître de Mon Minou ou la maîtresse de Boulette. Ou encore aux expositions que j'aurais pu visiter, aux musées jolis, au mercado pittoresque, aux cathédrales aux milles tours, à la plage et puis, pourquoi pas, tiens, un peu au travail qui m'attend depuis deux mois que je suis à fond concentrée sur le déménagement à jeter, trier, donner, réparer, racheter, vider, etc. La manutention grandeur nature. Du coup, on a réussi à emménager en moins d'une semaine et moi à me faire un malaise du tonnerre. Pas d'écriture professionnelle, juste un peu d'organisation pour l'association de recherche qui m'a élue secgen (voir les cas congrès et publications en retard) et quelques lectures pour Lilith (groupe de travail dont je parlerais peut-être un jour - voir aussi autre post « journal d'un e.c. en dispo »).

vendredi 14 mai 2010

Ceci permet d'éviter cela...

14 mai, temps de cochon. Je vois des parapluies se promener en bord de mer car ici, au paradis, on marche par tous les temps, donc souvent sous la pluie.

Je ne sais même pas par quel bout raconter ma journée d'hier, summum de celles d'avant et vague idée de celles d'après. Alors je parle du temps.

En fait, mes journées sont ceci -une suite d'excuses- pour ne pas aborder cela -l'essentiel. Par exemple ici, écrire ma journée d'hier et d'une façon générale, remettre sur l'établi pour la troisième fois mon HDR. Gégé parle d'Habilitation à Déboucher des Robinets. Ça ne me donne pas beaucoup plus de coeur à l'ouvrage. Je croyais en avoir fini avec les diablotins qui me prenaient le chou l'été dernier (voir "La bombe à fées") mais une excitée de la rectitude académique a vite réduit mes espoirs à néant. Une chercheuse innovante (rare hélas) m'encourage et me donne des pistes pour reprendre cette écriture. Il s'agit principalement de mise en scène. Elle a raison, j'en suis sûre. Je vois comment m'y prendre. Je ne fais pourtant rien. Isa la belle insiste : ce travail doit être publié, il y a peu à reprendre, garde la partie « terrains » (justement celle que l'excitée aurait bien mise en annexe !). Annetta ("Ma copine aux quatre journées") m'écrit régulièrement que cela ne peut pas être, la communauté a besoin de mes oeuvres. Sympa les copines mais lorsque j'affronte Gégé ou l'excitée je n'y crois pas trop.

Bref, je fais autre chose depuis des mois.

Des vacances avec Boulette et Mon Minou car Ernest est parti de son côté en Chine. Des rangements insensés dans la maison car j'ai l'impression qu'on croule sous les livres et les habits trop grands ou trop petits. De la gym et des régimes pour survivre sans cigarette et éviter la grosse déprime. Des déjeuners de copines car je les ai trop délaissées pour cause d'HDR qui, jusqu'alors, était un travail sérieux appelé Habilitation à Diriger des Recherches (voir journal d'un ec en dispo). Tiens, les doctorants (quelques-uns) insistent aussi pour que je passe cet examen et puisse enfin les encadrer officiellement. Ils m'aiment bien.

Depuis un mois, j'ai une « vraie » excuse pour ne rien faire, ha ha ! On déménage cet été. On traverse l'Espagne, on va là-bas. Il faut tout faire : trouver un appart (c'est presque fait), l'aménager (il est vide, totalement vide, sans même un branchement ni le chauffage ni rien, mais il est beau), inscrire les zouzous à l'école (française, ouf !), remplacer nos lits et canapés qui n'en peuvent plus, faire tout installer là-bas et (j'en oublie) trier, donner, jeter, ranger (j'adore, non ?) ici. On réduit notre surface habitable de moitié. C'est un choix qui me plaît. Pour ranger fringues et dossiers, s'asseoir, dormir et se vautrer, je fais les « caissons universels » de mon invention avec mon ouvrier intello préféré (qui s'appelle aussi Ernest, ne pas confondre). De quoi s'occuper et oublier quelque temps ce qui me tracasse depuis bientôt cinq ans.

Et ma journée d'hier ? Qu'a-t-elle de particulier ? J'allais chercher la voiture qui venait d'être réparée (ça arrive). Impossible de payer, va savoir pourquoi -carte refusée sans aucune raison (me fait penser qu'il faut que je passe à la banque mais je suis bloquée à la maison pour cause de téléphone, voir excuse suivante). Déjà à la bourre pour aller chercher les monstres à la musique et accompagner ma potesse Tere à son travail. J'appelle mon ange gardien (celle de la maison) pour s'occuper des p'tits chéris. Impossible. Pourquoi ? Mystère. Ça bipe sur mon mobile. La compagnie téléphonique m'appelle pour me livrer un nouveau mobile -ça fait trois semaines que j'attends mais c'est là maintenant que je dois être à la maison, peux pas, repassent demain. Aujourd'hui, quoi. Tere file prendre l'autobus. Ernest résout le problème de sous par virement mais faudra aller vérifier ce qui cloche à la banque (et aller chercher des caisses de rangement pour les playmo et légo). J'arrive à choper mon ange gardien qui causait avec le plombier (Pas trop tôt ! ça fait aussi un paquet de semaines que je l'attends c'ui-là !).

Mais tout ça c'est seulement entre 5 et 6 de l'après-midi. Le matin aussi fut épique. Passerait-on le WE là-bas pour visiter d'autres apparts et être sûrs de notre choix ? C'est quand même pas très confortable. Oui mais le quartier est vraiment idéal. C'est qu'il y a cette autre annonce très alléchante également. Oui mais le quartier est nul. Tu es sûre ? Palabres au téléphone avec Adèle et Prosper, nos amis de là-bas et en même temps pro de l'immo et collègue. Ça aide. Adèle tente de prendre des rendez-vous. On papote encore, on hésite plus longtemps encore. Finalement, on n'y va pas et Adèle organise tout pour la signature de l'appart de nos rêves. On y croit. On part quand même. Ailleurs. Sans les enfants. Ah, à propos, il faut préparer leurs sacs à ces amours qui vont en virée de leur côté pour un match de rugby (première sortie avec dodo en gîte sans les parents). Il manque la chemise thermique. Après le mobile et la banque, faut que j'aille leur en acheter (fait pas chaud dans la région, je me répète). Suis pas sûre d'avoir le temps pour les caisses de rangement (loin). Et ma copine Zoé avec qui je devais déjeuner ? Elle se plaint souvent que je l'abandonne. Elle a raison. Zut.

Hier encore. Il y avait une expo à l'Alliance, j'avais promis d'y aller. Et puis un dîner avec l'exposante (une fille extra - trouvez Emily Nudd Mitchell et rencontrez-là). Et le matin toujours (tout cela est aussi désordonné que dans ma tête), il y avait « mercadillo » sur la plaza mayor avec tous les collèges de la ville (dont celui de Mon Minou) qui vendaient un tas d'horreurs fabriquées main. Interdiction de louper ça et obligation d'acheter pour leur permettre de se payer un séjour à la ferme. Mon Minou a passé la matinée au stand des farces et attrapes à se goinfrer de friandises défendues à la maison. Je le sais, je l'ai vu. Il est trop mignon, tout blondinet, coquinou, envie de grandir et en même temps de rester petit (il a dix ans...).

On s'est couchés tard. Faut que j'aille me laver et que je trouve un endroit où dormir ce soir. Je me demande si je n'ai pas oublié la moitié des choses que je dois faire aujourd'hui... En dehors de l'essentiel bien sûr.

vendredi 11 décembre 2009

Ma copine aux quatre journées... Et les autres

Anetta se lève, repasse le linge, range la maison, prépare le petit déjeuner de ses amours, câline ses trois lapins qui se réveillent, s’organise avec l’homme encore endormi, file à son travail numéro 1 à l’autre bout de Paris bien sûr, a deux heures tranquilles pour avancer ses affaires, enchaîne ensuite les réunions, déjeune avec ses étudiants ou lit et écrit les articles du travail numéro 2, reprend le travail numéro 1, rentre, accueille la marmaille, console ou rit des histoires du jour, aide aux devoirs, baigne, prépare le dîner, câline à nouveau, baille mais ce n’est pas le moment, couche ses chéris, écoute l’homme indigné par ses collègues même s’il est d’une patience d’ange, s’assure qu’il est maintenant bien installé devant ses journaux-papiers-télé-bouquins-jeux, reprend enfin le dossier de l’association qu’elle mène à bout de bras depuis deux ans pour que les enfants aient droit à l’école de leur pays d’origine, pas seulement ses enfants mais tous ceux qui sont venus ici et parlent parfois mal la langue de leurs parents immigrés de là-bas, ça avance, les cours sont bien rodés maintenant, le samedi évidemment, mais il reste à publier les statuts et organiser les événements classiques de toute école… Merde, Anetta a oublié de répondre à sa collègue du travail numéro 2 qui s’inquiète de son silence à propos du dernier article à corriger d’urgence, il faut d’ailleurs oui le corriger celui-là, aïe et ne pas oublier non plus de s’inscrire au colloque truc, pas envie de rouvrir l’ordinateur, regarde les papiers des activités extra-scolaires des enfants, en retard, ça va gueuler, et la cantine, pas payée comme promis hier, et le compte rendu de la dernière réunion d’association de parents de l’école (la de tous les jours, pas celle du samedi), pas lu, tant pis, crotte, peut plus, se couche à côté de l’homme endormi depuis belle lurette, ressasse et décide finalement que la vie est chouette.

C’est vrai quoi, elle adore son boulot, les deux. Ses nounours, tous. Ses collègues au poil malgré quelques crétins mais ils sont bien loin de ses préoccupations quotidiennes sauf la semaine dernière où heureusement elle n’était pas toute seule à affronter la bêtise de l’animal imbu de lui-même et avide de pouvoir ou d’argent ou de médaille ou que sais-je qui la dépasse. L’école du samedi est un succès, quelle fierté. Anetta s'endort le sourire aux lèvres. Le lendemain pas besoin de se lever trop tôt, la maison est propre puisque la femme de ménage est passé dans la journée d’hier. Oui, non mais, et puis quoi encore, le ménage et la cuisine tant qu’on y est ? L’homme cuisine et le mercredi madame ménage récure, pas Anetta. Na.


Et mes autres copines ? Elles dépriment d’avoir jeté l’homme ou d’avoir trop aimé leur maman, de se battre avec une adolescente qui leur ressemble tellement ou de ne pas être assez reconnu pour leur travail, elles rient de leurs malheurs en fumant. Elles viennent de déposer les enfants à l’école et prennent le deuxième café au bar du quartier. Un jeune homme tend l’oreille pour attraper quelques bribes de ces conversations de femmes désespérées. Elles, elles se retournent souvent vers lui, en chuchotant. Mais de quoi parlent-elles ? Comment peut-on rire de telles souffrances ? Est-ce de ne pas dormir ? De prendre des cachets anti-dépression ? Elles ne sont pas de la même nationalité mais cela ne change rien au désespoir qui est réel et le même partout. Non, pas de différence. J’en suis sûre, j’en fais partie. Je suis moins occupée qu’Anetta, moins folle que mes copines du bar, enfin, c’est c’que j’me dis, mais personne n’est d’accord avec moi.


Photo des femmes filles, sculptures de Corinne Chauvet.

lundi 14 septembre 2009

La Bombe à Fées

Jojo crie beaucoup, pleure facilement, frappe parfois, trépigne souvent. Mais à la moindre histoire, il tend l’oreille, écoute, oublie sa colère, pose des questions, s’intéresse à la réponse, prend des décisions, regarde autour de lui et sourit. Jojo a sept ans et demi, il est beau, il a une petite sœur toute calme, gentille et rigolote.
Sa maman travaille, on est en août et sa grand-mère n’est pas là. Il vient le matin chez son copain Boulette. Ils sont quatre, avec aussi sa frangine et Mon Minou, à participer aux activités que propose émilie, ma nièce, 19 ans, animatrice pour enfants. Émilie s’exprime dans un espagnol approximatif et ne sait pas raconter des histoires. Jojo se surpasse les premiers jours, un vrai sale gosse. Ma nièce finit ses journées au bord de la dépression.

Pendant ce temps, moi j’écris. Sur les lieux du désastre. Je me boucle dans le bureau mais les cris se foutent des cloisons et télescopent l’idée qui surgit enfin. Je termine l’HDR (voir journal d’un e.c. en dispo) et je souffre. L’idée est là mais mon corps peine à la coucher sur le papier. Elle représente la fin d’une attention continue de plus de deux ans, d’un travail quotidien qui ne me nourrit plus et m’épuise. Je marche dans la pièce, je sers les poings, « oui, je peux y arriver, je dois terminer… Ne pas avoir peur ». Je combats mes monstres.
Alors je sors de mon antre et trouve Jojo en pleurs au milieu de ses camarades stupéfaits et d’une jeune fille déboussolée, les bras ballants. J’écoute, l’affaire est grave, Jojo raconte : Mon Minou ne veut pas qu’il joue avec les playmobils qui ont des armes, justement ceux qu’il voulait. Boulette n’est pas non plus tout rose, il fait semblant de ne pas entendre. La petite sœur est dans la tente à peluches, loin du conflit. Je mime la scène avec des grands gestes et des cris ridicules, on rit. Jojo trouve la solution : il s’éloigne sans rien dire, il est calmé et ses copains sont étonnés et même un peu penauds. Petit à petit, ils découvrent un terrain d’entente et recommencent à jouer ensemble. Moi, je préviens : « J’ai besoin de calme pour tuer mes montres. J’en ai plein, c’est affreux. Si j’y arrive, je vous raconterais, promis. Mais en attendant, allez jouer dehors ».

Depuis, tous les jours, Jojo me demande des nouvelles de mes montres : « Alors, tu les as tués ? ».
- Pas encore. Attends.
Arrive le jour où je décide de mettre un point final à ce qui est devenu mon pensum. Jojo est là, au bord du caprice. Je m’approche :
- Veux-tu que je te raconte ?
- Tu les as tués ?
- Non, c’est impossible, on ne peut pas les tuer. A chaque fois que tu en tues un, des milliers ressurgissent, encore plus vilains.
- …
- Mais j’ai rencontré une toute petite fée. Elle a un pouvoir extraordinaire sur les monstres. Elle s’infiltre jusqu’à leurs oreilles et elle raconte des histoires. Le monstre se transforme. Il perd ses forces ou alors il devient bénéfique pour les humains.
- Et la fée, tu peux la tuer ?
- Non, elle est immortelle. Mais elle est cachée, elle a besoin de nous pour sortir de ses cachettes et déployer son pouvoir. On doit chercher, creuser et surtout raconter, écouter, rêver.
- Et les cauchemars ?
- Ce sont aussi des histoires. Toutes les histoires sont valables pour transformer les montres.
- Mais moi ça me fait pleurer les cauchemars !
- C’est bon aussi de pleurer…
Je n’ai pas le temps de finir, Jojo est déjà parti se préparer pour aller au parc. Cinq minutes avant, il refusait de décoller du piano de Boulette, et maintenant, il entraîne tout le monde, même émilie. Il a envie de jouer, de rire.

Plus tard, je raconte ce qui s’est passé à Mon Minou, neuf ans, qui a le mot de la fin : « C’est comme dans la vie quoi ! ».
Alors je dis que je peux envoyer ma « Bombe à Fée », encore des BAF en perspective !
On cherche aussi une autre traduction pour cet épouvantable acronyme HDR. On roule en bicyclette le long de la mer, marée basse et soleil estival, foule refusant que se terminent les vacances, ville toujours animée et premières odeurs de l’automne avec les noisettes, les pommes, les mûres et les figues à portée de main sur le chemin.

Je ne sais plus qui a trouvé :

Hada Del Rinconín…

(fée du recoin - El Rinconín, c’est le nom de notre résidence…).

jeudi 5 mars 2009

Le dad et la relève... Cachée...

Belle actrice a perdu son papa le 21/01/09. Il était né le 30/09/27... Il aimait les chiffres. Sans le chercher, elle l'a retrouvé dans ses papiers (pas par hasard cette obsession du rangement) et dans son corps : mal de ventre qui réussit parfois à se transformer en grande tristesse, rêve où il lui annonce la mort de sa mère (intéressant...), sérénité qui lui donne une force joyeuse.
Il en faut, les temps sont violents.

Je suis très contente de prendre mon temps pour tout : je dessine des hypercubes, j'écris une page correcte par an pour mon HDR (comme nous avons prévu avec Mon Minou et Boulette que j'avais environ un millénaire devant moi, je suppose que je m'arrêterais avant ma mort pour épargner l'indigestion à mes lecteurs), je ne fais plus de flamenco en salle mais vais au théâtre, oublie les choses urgentes pour me concentrer sur les choses importantes, il faut dire que je suis plongée dans les polars d'Upfield...

jeudi 12 février 2009

Les temps changent et reviennent


Voici que le rythme 4-5h du mat reprend (voir le journal d'un ec en dispo un peu plus loin sur ce blog)... Ce qui ne veut pas dire que le temps s'arrange mais tout simplement que les urgences reprennent !

Ecritures quand tu nous tiens... Une collègue me demandait d'ailleurs ce que je faisais : rien ? Enfin, s'excuse-t-elle, que ta recherche ? Réponse : jette un oeil au "journal..." écrit l'année dernière (25 avril 2008 pour être exacte) car de nouveau le temps m'échappe !

mardi 16 décembre 2008

Tu parles !

Voilà à peu près la position que je préfère en ces mois de temps épouvantable... Encore qu'aujourd'hui le soleil daigne faire une apparition.
Je fais des efforts tous les matins pour me lever avant 7h... Rien à voir avec le rythme dont je me vantais cet été... N'oublions pas la sieste non plus !
Travail ? Hein ?
Si si... On y arrive... Doucement...

(les points de suspension sont à l'image de ma pensée hivernale : pas finie, à peine en mouvement, il paraît que c'est ça aussi le travail !)

dimanche 30 novembre 2008

travail - loisirs...


"D'habitude, quand je travaille, blabla...", je parlais horaires, régimes, etc. En face de moi, une amie qui me voyait vivre depuis 15 jours, juste avant le bal.
Oui, j'ai organisé un bal musette, ce fut très chouette mais un peu compliqué : tout, il fallait tout faire (pas l'animation, non mais ! Merci Christine !)... La même semaine, je donnais mon premier cours aux étudiants ingénieurs espagnols. Je crois qu'il y avait encore deux ou trois bricoles dont je m'occupais.

Bref ma copine tique : "Tu veux dire que là, tu ne travailles pas... ?" me demande-t-elle stupéfaite. "Ben, en fait, travailler pour moi, c'est quand j'écris, il faut que je me concentre. Dur. Il arrive que ce soit angoissant... Là, l'organisation d'événements, les cours, c'est repos... de l'âme. ça bouge, c'est prenant, faut pas se louper, c'est fatigant, inquiétant - t'imagine que y'ait pas de danseurs pour le bal ?! -, mais ce n'est pas ce plaisir infini, cette douleur intense, ce remue-méninge parfois insoutenable... Comment l'expliquer ?"

Finalement, c'est quoi le travail ?

mercredi 2 juillet 2008

La règle d'or : combiner ordre et bordel !

Aujourd'hui, j'ai cumulé... Plantage de l'ordinateur principal, celui de tous les jours, celui sur lequel j'écris, mon travail, ce pour quoi je suis si absente de tout le reste... Et bien qu'à cela ne tienne... Heureusement, des fichiers j'en mets partout, un peu... On dit qu'ici on fait un élevage d'ordinateurs... C'est parfaitement inutile sauf en cas d'urgence. Merci les doublons !
Le plus dur c'est de retrouver les adresses des copains et plus si affinités... Oui, ça n'est pas une mince affaire... Alors pas de BAF aujourd'hui (de toutes façons j'ai déjà galéré pour obtenir le programme des activités du mois, je n'en étais plus à un bug pour la journée).
J'ai presque tout retrouvé grâce à ma maniaquerie du rangement... Mais comme ça ne marche pas toujours, j'ai fait confiance à mon foutoire et j'ai encore retrouvé deux ou trois fichiers indispensables et bien évidemment pas rangé !
Demain est un autre jour, ouf !

mardi 13 mai 2008

Typique de chez nous...


Voici le temps qu'il fait en général...

Ce qui demande un équipement particulier : avoir toujours sur soi un maillot de bain, de la crème solaire, un pull et un imperméable. Après trois ans ici, je continue de me faire avoir !

vendredi 25 avril 2008

Journal d’une e.c. en dispo dans les As...


Décembre 2007 : e.c. ?
Voilà bientôt deux ans et demi que je ne suis plus payée pour le travail que je fais. Car je suis e.c. et un e.c. ne s’arrête pas de travailler. J’habite en Espagne et les espagnols m’aiment bien. Ils me trouvent un peu dérangée. Ils me répètent sans cesse : « Qu’est-ce que tu travailles ! » avec un air mi-admirateur, mi-moqueur. Ici, le travail n’est pas une vertu. C’est un mal nécessaire, un (très long) moment à passer dans la journée. Ce qui compte, c’est le reste, sortir, voir les amis, parler, boire, jouer, se promener, se montrer. On se retrouve dehors, c’est là que ça se passe.
Et moi, je reste penchée sur mes articles entre les allers et venues des enfants, à moins de préparer des cours (payés ceux-là !), d’aller à quelques réunions sur le management subventionnées par l’Europe ou de rendre service à l’Alliance Française locale. J’ai trouvé une Alliance Française en arrivant à G.. J’ai sonné, j’ai proposé mon aide, on m’a accueillie comme une aubaine. Depuis je me régale. Je me repose de mes lectures-écritures en organisant des activités autour des échanges culturels ou en rangeant les placards. C’est une manie chez moi, j’en ai même écrit une thèse avec l’exergue qui l’accompagne : « Ranger, c’est éclairer notre pensée et gérer nos états d’âmes ». J’ai signé Saint Augustin… En rangeant, je pose des questions : « C’est quoi ça ? Où ça va ? T’es sûr que tu veux le garder ? Avec quoi ça va, c’est forcément relié à autre chose ? Etc. ». Et c’est systématique : je n’obtiens d’abord jamais de réponse mais une histoire, de plus en plus longue à mesure de nos rencontres. On finit tout de même par ranger et surtout, je l’ai encore observé cette fois-là avec Ana qui dirige l’Alliance, quelque chose se libère, la vue se dégage, l’horizon apparaît, les envies enfouies refont surfaces, l’avenir est possible, on saute sur les occasions, on devient audacieux, on ose… Quelques temps. Et puis il faut recommencer. Là par exemple, je crois qu’il faut s’y remettre. Les ardeurs sont tombées, je le sens. Mais c’est difficile. Non pas de trouver un placard en désordre, au contraire. Mais de trouver l’énergie pour commencer, pour oublier qu’ensuite on va de nouveau oser et que c’est fatigant. C’est l’hiver, chacun a envie de se reposer. Pourtant, j’entends la mauvaise humeur, les profs (les cours de français sont l’activité principale des Alliance Française) rouspètent, se jalousent et me jalousent (« elle doit être riche ! »). Bientôt.
De toutes façons, on ne sait pas ce qu’est un e.c. ni ce qu’il fait. En France non plus. J’explique : « Enseignant Chercheur dans l’enseignement supérieur, avec une triple mission d’enseignement, de recherche et d’encadrement administratif ». « Ah ! », me répond-on perplexe. Les professeurs au collège ou au lycée ont une vague idée de notre travail : « C’est cool, tu n’as pas beaucoup d’heures de cours à faire ! ». Les Français qui travaillent en entreprise sont radicaux : « Encore un fonctionnaire qui se la coule douce ! » ou « je me demande à quoi sert la recherche, vous êtes dans votre monde et vous ne voyez pas nos préoccupations concrètes, la seule chose qui vous intéresse c’est de publier ». Les Espagnols n’osent pas critiquer ouvertement les universitaires. C’est un monde à part, fortement hiérarchisé. Un « catedrático[1] » plane au sommet du savoir inaccessible au commun des mortels. Si jamais je raconte à ceux qui me voient ranger les placards d’une petite association locale que je prépare le concours pour devenir catedrático, je deviens une énigme, un extra-terrestre ou encore une folle à lier.
Mes collègues e.c. en France, eux, se débattent avec le temps qui coure. Un peu comme moi lorsque je veux finir mon tricot et qu’il ne me reste presque plus de laine : je tricote très vite pour aller plus vite que la laine. C’est désespéré mais je le fais quand même. Avec la recherche, c’est pareil : je désespère de réussir à organiser nos quatre réunions annuelles autour d’un sujet qui nous tient pourtant tous à cœur mais je m’y attelle quand même. Nous sommes des e.c. en Sciences Humaines et Sociales (SHS), spécialisés en Communication des Organisations. Une organisation c’est un bazar avec des gens, des machines et des règles. La communication dans ce bazar est un sac de nœud. Nous, chercheurs en « com-orga », sommes les chevaliers au service de la compréhension de ce monde étrange. Il arrive que le bazar ne s’y retrouve plus dans son sac de nœud et qu’il songe aux chercheurs en com-orga pour éclairer sa lanterne. Il arrive que nous réussissions à décrocher une subvention pour interroger le sac de nœud de quelques bazars. Dans tous les cas, nous faisons du « terrain » quoiqu’en disent nos détracteurs. Faire du terrain c’est partager souffrance et joie du bazar. Un peu comme un anthropologue en immersion dans un pays exotique. Nos pays exotiques sont les entreprises, les associations, les administrations...
Nous avons déjà eu une réunion en octobre, passionnante, à quatre. Nous sommes censés être une douzaine. La prochaine réunion doit être en janvier, je crois que nous serons six, dont deux en commun avec la première réunion. Un progrès ! Nous avons pour objectif d’écrire des ouvrages simples et ludiques à destination du grand public. C’est vrai que nous sommes intéressés par la publication. C’est comme ça qu’on juge de la qualité d’un e.c. : s’il ne publie pas, c’est un nul selon les critères de nos tutelles, centres nationaux de recherche ou Universités. De là on en conclue donc que c’est la seule chose qui nous intéresse. Ce n’est pas faux. Ce n’est pas tout à fait vrai, notamment pour ceux qui font du terrain, et j’en connais une flopée, dont mes collègues qui sont débordés et qui, donc, n’ont pas le temps de participer à une réunion qui pourtant les intéresse drôlement. Que font-ils alors ?
Ils donnent des cours qu’ils n’ont pas toujours choisis mais qu’il faut préparer. Ils organisent les cours des intervenants extérieurs de plus en plus nombreux. Ils cherchent des locaux de moins en moins nombreux. Ils courent après des financements pour faire de la recherche car en dehors du salaire c’est souvent la misère. Ils répondent aux sollicitations des tutelles pour réformer ici ou là et cela multiplie les réunions pour se mettre d’accord et recommencer le lendemain. Ils encadrent des étudiants en perdition ou en stage. Ils corrigent les copies, lisent des rapports et en produisent. Enfin, ils font du terrain, lisent et écrivent. Enfin, ils organisent la réunion puis le colloque qui met un peu de sel dans le quotidien. Et puis il y a les soutenances de toutes sortes, les projets foireux, les collègues en déprime, les élèves en colère, la photocopieuse en panne, les budgets en rade même pour acheter un livre indispensable, l’informaticien en congé maladie et plus de secrétaire depuis longtemps. Sans parler des valeureux qui font la promotion de leur spécialité de recherche en lançant des associations idoines ou en animant tel ou tel groupe de travail. Nous y voilà !

Mars 2008 : dispo ?
Ce journal ressemble à un trimestriel… C’est que je suis en dispo, je n’ai donc pas le temps. J’ai beau me lever entre 4 et 6 heures du matin pour me concentrer sur mes travaux de recherche, cela ne suffit pas. Pourtant, « dispo » signifie disponibilité, auquel on rajoute, dans mon cas, « pour suivi de conjoint ». C’est la formule consacrée pour les fonctionnaires qui doivent quitter leur poste de travail (et leur salaire) pour rester proche du mari ou de la femme qui change de ville ou de pays. Au retour, l’institution est censée réinsérer le fonctionnaire. Aubaine ? Cela dépend des postes disponibles. Or, dans mon cas, e.c. au ministère de l’économie, les postes sont rares et dispersés dans toute la France. Comme tous mes collègues dans la même situation, je ne peux pas refuser plus de trois propositions de mon ministère sous peine d’être rayée des cadres. Autre formule consacrée pour signifier que je risque de perdre mon statut si l’envie me prenait de travailler à nouveau tout en restant proche de ma famille. Calamité ? Je peux toutefois trouver un job dans une entreprise en attendant qu’un poste se libère pour moi. J’ai donc une certaine liberté de mouvement qui m’incite à faire des choix.
J’ai déjà une expérience de « suivi de conjoint » car le mien a la fâcheuse tendance à changer de lieu de travail tous les trois ou cinq ans. La dernière fois, j’ai trouvé relativement vite un poste (nous étions encore en France) mais l’intégration fut longue et douloureuse. A peine la routine s’était installée qu’il fallait changer. La routine a du bon : elle permet de se concentrer sur l’essentiel, ce qui est précieux pour la recherche et l’enseignement. Il faut en effet une bonne année pour « faire son trou », une autre pour saisir les subtilités des rouages de l’organisation et une troisième pour savoir y naviguer tranquillement. Telle est à peu près mon calcul empirique. Même chose pour l’insertion dans la ville, l’école pour les enfants, les nouveaux amis, les activités, etc. J’aime changer mais j’ai passé l’âge de chercher du travail en permanence, me suis-je dit en arrivant en Espagne. En plus, j’aime mon métier, je souhaite garder le contact.
L’occasion est bonne puisque je dois rédiger une HDR. Notre métier aime les acronymes. HDR pour Habilitation à Diriger des Recherches et devenir, si notre petit monde universitaire le veut, professeur des universités (catedrático donc). Se concentrer, résumer 20 ans de recherche, une soixantaine d’articles et penser tout cela dans une perspective d’avenir : qu’ai-je donc apporté à la science et quel projet cela construit-il pour mener une équipe ?
Mes ambitions sont parfois incompatibles : travailler, chez moi, face à la mer, et sortir, le plus vite possible pour profiter d’un lieu et d’une ambiance qui ne dureront pas. Il suffit de dormir un peu moins : avant que la maison ne se réveille j’ai quelques heures tranquilles pour lire et écrire. C’est mon espace de liberté, mon moment de concentration privilégié. Après commence la journée de la femme (c’était hier…) : lever et déjeuner de la marmaille, école, bricoles (réparations diverses, courses, soins, rendez-vous pour les uns et les autres, rangement maison, administration – toujours quelque chose qui cloche pour nous français à l’étranger), retour des enfants, devoirs et français (ils sont à l’école espagnole 100%, il faut faire le français à la maison), sport, dessin, musique et autres activités extra-scolaires, copains à la maison (mes copines travaillent, elles…), câlins, chagrins, lectures, jeux, bain, parents d’élèves (que de réformes à l’école des enfants !), anniversaires, promenades… Et, entre le matin déjà bien entamé et l’après-midi bien occupée, je retourne à mes écritures studieuses ou m’ouvre à la vie sociale locale. Le soir, je lis ou je sors profiter de la vie espagnole s’il ne reste pas quelques soucis à régler. Une vie de femme quoi…
Je vais peut-être donner des cours ici, à l’Université d’O., cet automne. Il aura fallu trois ans pour faire mon trou. Quoiqu’il arrive, je reste encore deux ans. Cette fois, je cueille les fruits de mes efforts. Ernest acquiesce, on est en phase et c’est plus facile ainsi.

Avril 2008 : As... ?
Hum, la plume se lâche… Le soleil se lève et mes carreaux sont sales…
Ici, ce n’est pas du tout l’enfer, la vie dans les As... est un plaisir quotidien. Le slogan de cette région est « As..., paraiso natural ». C’est vrai. Ce n’est pas connu et c’est bien ainsi.


[1] L’équivalent français exacte est « professeur des universités » mais il n’a pas cette connotation quasi magique de « catedrático » qui est un terme spécifique.

vendredi 30 novembre 2007

a la mer


ce matin, nous sommes allés faire un tour à la mer avec grandes oreilles dit Boulette et binoclard dit Mon minou. Et l'homme alias Ernest était déjà au travail. On a aimé les vagues et les petits oiseaux courant sur la plage.
Après on a fait un concours de balançoire, il a fallu courir prendre l'autobus !