dimanche 13 mars 2011

L'art d'emmerder son prochain

En dix épisodes.

Les histoires qui suivent ont l’art de me foutre en rogne. Je rêve d’en assassiner quelques-uns, des hommes, des femmes et des enfants, sans distinction, moi comprise. C’est dire. En voici un avant-goût avant que je ne développe (attention, il faut peut-être préciser que c'est surtout moi qui suis d'affreuse mauvaise foi dans la plupart des cas... Quoique...) :

1. Le chien chien à sa mémère n’hésite pas à faire ses besoins sur les plates-bandes municipales sous le regard ému de sa maîtresse, juste là où jouent vos petits chéris : ayez la répartie de ma copine Zabou.

2. Le chômage technique bien payé, une aubaine ? ça dépend pour qui ! Moi, j’en ai marre de me farcir les cyclistes du dimanche les jours de semaine quand on a loupé l'autobus et que j’emmène mes enfants à l’école dare-dare.

3. C’est ça, les mecs, pissez dans les bosquets du jardin public, je vous vois ! Mais surtout je vois les marmots qui courent après leurs balles au même endroit, c’est dégueulasse. Pire que les chiens...

4. Un(e) ronfleur(se) a toujours la conscience tranquille, que faire ? C’est toujours le premier à demander le matin si tu as bien dormi, pourquoi ? Il connaît la réponse pourtant. Salaud ! Enfoiré(e) !

5. Comment choisir où vivre ? En ville, bruyant jour et nuit, animaux, machines, billes et talons aiguilles ? Ou à la campagne, molosses qui mordent et ressemblent à leurs maîtres ? J'ai tout essayé...

6. Je concocte la sixième anecdote à ma façon...

7. J'ai la septième sur le bout de la langue...

8. Je ne dévoilerai la huitième que plus tard tellement c'est affreux...

9. Bon je me radoucis finalement...

Et, pour finir, je commence par là :

10. Deviendrait-on chinois ? Où il est de bon ton de coller son nez dans sa soupe brulante pour l'aspirer avec le plus de bruit possible ; où bouffer la bouche ouverte procède des mêmes bonnes manières...


Je suis dans le train P. - N., étape avant de retourner à V.

A côté de moi, une dame bien sous tout rapport. D'apparence. Proprette, béret beige, robe assortie (ou le contraire) et les bottes itou. Elle lit. Intello, genre essai au titre sérieux (« ce que l'on sait de nos comportements »). Pas comme moi qui, au lieu de travailler comme j'en avais l'intention, lit. Aussi. Mais genre roman, moins guindée, du moins je le crois.

Je me régale du calme de ce train de province, sous le soleil enfin revenu (en France... Bizarre, quand je rentre à V. en Espagne, je trouve des nuages là où d'habitude le soleil luit, pourquoi moi ?). Tout à coup, j'entends un drôle de bruit, comme un caramel resté collé entre les dents d'un zouzou, lequel zouzou tenterait désespérément de s'en débarasser. Zouzou ou kangourou. Vieux souvenir de mon voyage australien où j'ai partagé mes barres de céréales caramélisées avec un kangourou. Il a adoré mais est resté un peu étonné que ça colle autant aux dents. Un spectacle que je garde encore avec amour et joie dans ma p'tite tête.

Dans le train, là, maintenant, le bruit reprend, de plus en plus fort. Je me tourne vers la dame chic et oui, c'est bien elle. Ce n'est pas ragoutant, on dirait même qu'elle en rajoute. Elle reste plongée dans son livre et rien ne semble la perturber. Maintenant elle se cure le nez. Au secours !

À table, ça m'fait pareil. Serais-je sainte nitouche au point de détester manger face à un goret ? Bon sang, quand je pense qu'en Chine, ce pays qui devient de plus en plus à la mode, la politesse appelle aux bruits de bouche, slurp, slurp ! On s'en approche plus vite qu'on ne pense...

5 commentaires:

Marie a dit…

ah ...à moi aussi la lippe pendante m'affole lorsqu'elle marche dans la rue, je m'attends toujours à voir la bave couler!
ah...à moi aussi le ronfleur demande si j'ai bien dormi, et là je dis que j'ai rêvé de bateaux à vapeur remontant le fleuve... Éclats de rire mon mec vient juste de me demander si j'ai bien dormi!!
une bonne bouffe entre gorets ça peut être marrant, évidemment faut des serviettes et des rôts respectueux, mais l'ambiance est bon enfant, après tout je n'oserais pas juger les gosses qui mangent avec leurs mains sur nos tas d'ordures.
Quant au caramel soit tranquille avec un dentier on évite!

BEMB a dit…

j'hésitais à être si sarcastique et de mauvaise foi moi qui ne mange la mousse au chocolat qu'avec les doigts et pardonne tout aux enfants... Des autres (surtout quand je ne sais rien de leur histoire) ! D'accord avec toi !
et pour le dentier je me marre !

BEMB a dit…

Gloups, j'ai effacé deux commentaires intéressants et pas contents ! Qu'est-ce que cette censure ? Pour une fois qu'on me fait des commentaires...! Bon en fait, l'un me conseillait de retrouver ma bonne humeur et il m'aurait fallu répondre que tout ce que je raconte est exagéré et pour rire. L'autre disait qu'il n'aime pas les sautes d'humeur et me rappelle que les chinois mangent comme le faisaient nos ancêtres poudrés et raffinés. Je suis désolée désolée... J'assume, je n'irais pas chez nos ancêtres poudrés ni en Chine.
Ah aussi, ces petites anecdotes étaient prévues depuis une vingtaine d'années pour un journal parisien, ceci explique peut-être cela...

seb haton a dit…

Ha ha ! Je crois que je connais le second commentateur !
Et tel que je le connais, il n'a pas dû dire qu'il n'aimait pas les sautes d'humeur... Il voulait plutôt dire que les désagréments légers lui faisaient peu d'effet...
Et tu l'excuseras d'avoir manqué d'humour : il vient d'avoir des nouvelles d'une "amie Internet" qui vit à Sendai. Du coup, il se fout un peu des gens qui mâchent dans le train (mais dès qu'il aura retrouvé son sens de l'humour, il te narrera l'histoire du gros monsieur qui flatula d'Avignon à Nancy sans espoir qu'il cessât).
Bizz
s.

BEMB a dit…

Me marre d'avance... Mais lis la suite, ou plutôt avant... Moi aussi je craque, je fais ce que je peux...